GIBSON ES-355TD 1959

39.950,00

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Informations complémentaires

Fabrication

Date

État

Sillet de tête

Diapason

Etui

Poids

3,8kg

Superbe Gibson ES-355TD de 1959, en excellent état de conservation et de jeu.

Avec l’introduction de l’ES-355TD à la fin des années 50, Gibson portait à son paroxysme une décennie d’innovation qui a vu l’apparition de la majorité des Gibson électriques les plus emblématiques : des premières Les Paul solidbody dévoilées en 1952 jusqu’aux modèles thinline semi-hollowbody introduits en 1958 avec la ES-335. Construits sur la base des guitares thinline hollowbody (ES-350TD, ES-225T, ES-125T, ES-140T) introduits en 1955 et 1956, ces nouveaux modèles comportent plusieurs améliorations destinées à en faire les outils ultimes pour les artistes professionnels : rajout du pan coupé côté basses pour faciliter l’accès au haut du manche ; la jonction caisse-manche passe de la 14ème case à la 19ème ouvrant ainsi au jeu la totalité des 22 cases disponibles ; ajout d’une poutre centrale disposée longitudinalement dans la caisse de l’instrument. Ce dernier élément est l’aboutissement des réflexions et essais menés par les ingénieurs et les ouvriers spécialisés de Kalamazoo, un développement expliqué par Ted McCarty (directeur de Gibson de la fin des années 40 aux années 60 qui pilota le processus d’ “électrification” de l’entreprise après-guerre) selon les termes suivants : “La guitare solidbody était devenue très populaire, […] mais elle n’a jamais été un instrument confortable. Elle était lourde ou trop petite, et l’idée est venue de créer une guitare alliant des ailes creuses et un corps plein. Nous avons donc pris un bloc d’érable massif et l’avons intégré de part en part à une caisse creuse. On obtenait ainsi tout le sustain d’une guitare solidbody avec l’apparence d’une guitare standard, et un poids inférieur à celui d’une guitare similaire si elle était faite à partir d’une planche massive.”

Une fois la phase de développement achevée, Gibson emploie les grands moyens pour promulguer son nouveau design le plus rapidement possible directement auprès de sa clientèle : plutôt que d’attendre le rendez-vous annuel du NAMM, ils organisent des évènements itinérants chez leurs distributeurs durant lesquels leur guitariste attitré Andy Nelson fait la démonstration des nouvelles ES, avec à l’arrière de son véhicule un stock d’exemplaires prêt à être vendus à l’audience conquise ! La technique fait mouche et les commandes affluent. L’ES-335 figure comme modèle de gamme intermédiaire et Gibson ne tarde pas à apporter une surenchère avec l’ES-355 : introduite en novembre 1958, elle comporte tout un éventail de caractéristiques haut-de-gamme : une touche en ébène avec incrustations en perle de style block, un binding multi-pli sur l’ensemble de la caisse, du manche et de la tête, un accastillage intégralement plaqué or, et enfin une tête arborant une large incrustation en forme de diamant divisé, dans le style de la Super 400. Le vibrato Bigsby est équipé de façon standard à l’usine lorsque la guitare est introduite au catalogue en 1959, ce système est remplacé dès l’année suivante par le cordier conçu par Gibson (dénommé sideways vibrato en raison de son action latérale) – de manière générale, on considère le Bigsby comme plus ergonomique et facile d’utilisation. Enfin, l’instrument est doté d’une superbe finition Cherry Red, nouvelle couleur récemment introduite sur les modèles électriques. Vantée comme la guitare de jazz ultime, c’est ironiquement auprès de nombreux musiciens de blues que la 355 trouvera son acceptation première : en tête du peloton, B.B. King, Freddie King et Chuck Berry, tous rapidement équipés de leur propre guitare rouge.

Cette guitare a quitté Kalamazoo au cours de l’été 1959, l’une des 177 ES-355 mono vendues cette année-là, et vient dans une finition Cherry resplendissante – à noter que les modèles mono comme présenté ici sont bien plus désirables que leur équivalent stéréo, puisqu’il est possible de les brancher directement dans l’amplificateur sans recourir à un système de raccordement alambiqué ou procéder à des modifications du câblage (un classique sur les Gibson stéréo) ! L’instrument comporte bien sûr ses deux micros humucker originaux avec étiquette Patent Applied For (PAF) – s’agissant de la première mouture des fameux micros à double bobinage développés par Gibson en 1957, leur sonorité et leur grain sont époustouflants – en clair, c’est exactement le son et les caractéristiques que tentent d’émuler nombre de fabricants de micros jusqu’à nos jours ! On retrouve par ailleurs les mécaniques originales Grover Rotomatic dans leur première version dite Pat. Pend – parfaitement fonctionnelles.

Cette guitare a fait l’objet d’un travail de restauration méticuleux dans notre atelier afin d’en restituer toutes les qualités d’instrument de musique d’exception tout en préservant son intégrité historique – travail comprenant le refrettage complet de la guitare, la confection d’un nouveau sillet de tête en os, et l’ajustement de tous les éléments de réglage permettant d’obtenir une action basse et une intonation juste. Nous relevons un overspray sur le fond et la poignée du manche – chose fréquente sur les guitares anciennes pour estomper les marques d’usage après des décennies de jeu. Les éléments d’accastillage en matière plastique s’étant délité avec le temps, ils ont été remplacés.

Vendue dans son étui d’époque, accompagnée de son certificat d’authenticité établi par Jérôme Casanova garantissant l’originalité et l’état de l’instrument.

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